Je venais d'écrire ces quelques lignes:

Publié le par Micalp

 Je venais d'écrire ces quelques lignes:

 

 

 Puis, il y a bientôt quatre ans, la maladie de ma mère……..

Je n’oublierai pas cette journée d’une fin février ensoleillée et douce…

J’étais partie tôt le matin pour Strasbourg. C’était un vendredi. Je me suis dit à moi-même : « Les ennuis sont derrière moi. » Cette petite phrase est un mauvais augure. En effet, le matin précédant le décès de ma fille, je m’étais dit exactement la même chose…

Je rentrai le soir par le train, accompagnée de mes deux enfants. Dans ce train régnait un joyeux chahut. La semaine de cours  se terminait, les internes rentraient à la maison et les vacances scolaires débutaient. Nous avions, moi et les enfants, profités à plein de cette journée aux avant goût de printemps…

Mon mari nous attendait sur le quai…Nos regards se sont croisés… J’avais compris…

Puis dans un souffle, il me dit : « Il faut que tu appelles ta mère… »

Elle décèdera le 2 mai 2007.

Je suis encore incapable de raconter et de me souvenir de tout, tant cette période de deux mois fut intense.

Une mère ça protège, je l’ai découverte vulnérable.

Je veux me souvenir d’elle en kimono rouge  à califourchon sur son lit d’hôpital. J’ai longtemps regretté de ne pas l’avoir prise en photo. Mais je ne regrette plus, car  ces derniers moments de complicité presque joyeuse, c’est avec moi qu’elle les a partagés.

Le moment le plus terrible…Elle a distribué ces bijoux….J’ai été incapable d’aller chercher ce qu’elle me demandait… Elle a demandé à mon mari de le faire à ma place.

J’ai fait le mieux que j’ai pu. J’ai été là pour elle.

Nos conversations ont changées… Nous nous sommes « parlé ».

Le premier mai, nous nous sommes dit au revoir. Elle souffrait beaucoup. J’étais épuisée.

Le deux mai, je perdais cette assurance que si tout le monde m’abandonnait … Elle, elle serait là.

 

 

Je suis sortie de chez moi. Il fallait que je prenne l'air. Quatre ans après, l'émotion reste intact.

C'est là que je m'arrête pour discuter avec une connaissance. Au fil de la conversation, cette femme me parle de son mari qui a été traité pour un cancer il y a bientôt vingt ans. Elle me dit:" Il  (son mari) me dit toujours que chaque jour de vie depuis la maladie c'est du bonus, un cadeau."

Cela change tout...

Je suis rentrée chez moi, j'ai respiré profondément et je me suis dit:" Je suis vivante. Et oui, chaque jour que je vis à présent est cadeau!!!!!"

Publié dans mical Paris

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manu 27/01/2011 22:14



et ce sont toutes ces petites choses  qui  donnent un veritable prix à la vie . on regrette toujours quelque chose un jour ou l'autre , l'essentiel c'est d'en tirer le meilleur parti
pour soi .


 le 2 mai j'ai compris que la vie était bien trop courte pour ne pas profiter de chaque instant et que chacuns de ses instants devaient être vécus intensément. je ne sais pas si c'est comme
çà que tu vois les choses .Mais j'ai compris que le risque du regard des autres n'était rien, il glissait  comme sur un plumage .Que l'essentiel était mon besoin de vivre ma vie .


Alors vie ta vie déploie tes ailes et envole toi .Le plus beau cadeau du monde c'est de se dire regardez , j'ai réussi je vole .


bonne soirée à toi manu